Amputé à cause de son tampon hygiénique, ce top model se livre sur son combat

Le syndrome du choc toxique, plus commu­né­ment appelé SCT, est une mala­die qui peut entraî­ner …


Le syndrome du choc toxique, plus commu­né­ment appelé SCT, est une mala­die qui peut entraî­ner de très lourdes séquelles ou être mortelle et liée à l’uti­li­sa­tion de tampons hygié­niques. Lauren Wasser, un top améri­cain amputé de la jambe droite pour cette raison, raconte son calvaire quoti­dien depuis quatre ans et demi.

3 octobre 2012, Santa Monica, Cali­for­nie. Lauren Wasser, jeune étudiante spor­tive de 24 ans et mannequin à ses heures, déjà promise à un bel avenir, se sent mal. Les premiers symp­tômes – fièvre, fris­sons – lui font penser qu’elle a attrapé la grippe, beau­coup de ses amis l’ont. Quant à ses violents maux de tête, ils ne sont pour elle que la cause de ses règles. « Je ne pouvais pas me douter que les tampons hygié­niques que j’uti­li­sais étaient respon­sables de mon état. Jamais je n’au­rais pu l’ima­gi­ner », a expliqué la jeune femme à Télé Star. Sa mère inquiète de ne pas avoir de ses nouvelles envoie la police à son domi­cile. Elle leur ouvre une première fois. Et le lende­main, rebe­lote : les forces de l’ordre reviennent frap­per à sa porte. Cette fois, ils la trouvent incons­ciente sur le sol de sa cuisine.

« J’ai 41 de fièvre, je délire. À l’hô­pi­tal, les méde­cins ne comprennent pas. Les organes vitaux ont l’air de subir une attaque », a-t-elle raconté. C’est un méde­cin qui lui posera la ques­tion qui va lui sauver la vie : utilise-t-elle un tampon hygié­nique ? La réponse est oui. « C’est comme ça qu’ils ont pu diagnos­tiquer le Syndrome du Choc Toxique (SCT). Mais je n’étais déjà plus en état de suppor­ter les anti­bio­tiques, alors ils ont décidé de me placer en coma arti­fi­ciel. » À son réveil, la douleur est insup­por­table, « effroyable », dira-t-elle. « Mes jambes étaient comme en feu. Les méde­cins ont décidé de me placer dans une chambre hyper­bare pour enrayer la gangrène qui avait commencé. » Deux mois pendant lesquels les docteurs n’ont fait que retar­der l’is­sue fatale : Lauren Wasser devait être ampu­tée de « la jambe droite sous le genou ». « Il a envi­sagé aussi de m’am­pu­ter du pied gauche mais j’ai réussi à le garder. J’ai simple­ment perdu mes orteils. »

Près de cinq ans après la décou­verte du SCT, Lauren vit « avec une douleur quoti­dienne » : « Poser mon pied gauche au sol, c’est comme marcher sur des cailloux aigus en perma­nence. Les docteurs pensent que je n’échap­pe­rais pas à une autre ampu­ta­tion, proba­ble­ment vers mes 50 ans. » Mais pour elle, assure-t-elle, ce n’est pas la douleur physique qui est aujourd’­hui la plus insup­por­table, mais celle de savoir que d’autres femmes sont elles aussi victimes du SCT : « Encore la semaine dernière, une jeune femme de 19 ans en est morte… » Depuis son ampu­ta­tion, Lauren Wasser a choisi de mili­ter pour faire connaître les dangers du port de tampons au plus grand nombre : « On est de nouveau face à une flam­bée de cas ! Alors je me dis que le moins que je puisse faire c’est de parta­ger mon histoire et d’en­cou­ra­ger les filles à être prudentes. »

Ce soir, France 5 diffuse en prime time un docu­men­taire Tampon, notre ennemi intime, dans lequel le profes­seur Gérard Lina, du centre natio­nal de réfé­rence des staphy­lo­coques de Lyon, témoigne. Il assure que ces produits du quoti­dien seraient de véri­tables poubelles chimiques. « Enquête sur le degré de dange­ro­sité de ces produits et sur une indus­trie opaque qui refuse de donner leur compo­si­tion », nous promet la chaîne. Un message de salu­brité publique… qui pour­rait sauver des vies.

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