Teddy Riner se confie sur son avenir au Judo !

C'est un vrai clan qui s'est déplacé au Brésil, il y avait une cinquantaine de vos proches dans les gradins le soir de la finale. Ça change quoi pour vous ?

teddy
Tout. Pour moi, savoir qu'ils sont là, à côté de moi, à m'encourager, c'est un second souffle pendant mes combats. Dans la finale, à un moment où je sentais que c'était difficile, je les entendais et c'était bon. Car même si le Japonais (Hisayoshi Harasawa) était souvent au sol, il fallait tout le temps rester vigilant. C'était épuisant. A un moment, ils m'encourageaient et je me dis 'Aller, continue, c'est bientôt fini". Je pensais qu'on était à la fin du combat, mais je regarde le temps et il restait encore 3''23... Je me dis "Quoi, il reste tout ça !". Les minutes duraient des heures, c'était dingue ! Mais heureusement, ils étaient là et ça m'a aidé à tenir jusqu'à la fin.

"Tant que la médaille n'est pas en lieu sûr à la maison, elle ne me quitte jamais"

Chez certains athlètes, le fait d'avoir ça famille rajoute de la pression. Pas pour vous visiblement...

Non, au contraire. En fait ça dépend des gens, de l'état d'esprit. Moi, ils me permettent de décompresser. Les jours avant la finale, quand on avait le temps de se voir, parce qu'ils sont occupés eux aussi : ils vont à la plage, ils visitent, ils font du shopping (rires), ça m'a toujours fait du bien. Ils me permettent de moins penser au judo.
Marie-Pierre Riner : Nous, on ne l'embête pas. On le détend, on prépare des apéros, on lui raconte ce qu'on a fait pendant la journée.

Est-ce que vous vous rendez compte de ce que vous avez réalisé ?

Non, pas vraiment. Ça viendra plus tard. Là, je suis encore dans les Jeux, dans ma bulle. Mais la médaille, elle est là, hein, elle ne me quitte jamais (il la sort alors de la poche de short et la caresse, ndlr). Tant qu'elle n'est pas en lieu sûr à la maison, je la lâche pas.

"On va voyager, je sais pas où encore, mais on va prendre de bonnes vacances"

Après votre victoire, vous avez dit que "rien n'avait été facile" pour l'emporter. Vous avez peur qu'on banalise vos exploits ?

J'ai l'impression que ça va mieux. Mais à un moment, tout le monde trouvait ça normal que je gagne. Que c'était simple, que j'étais trop fort... Là, j'ai senti que c'était différent. Les gens ont compris qu'aux Jeux, tout le monde veut le titre, tout le monde veut bien représenter son pays et lui offrir la médaille d'or. Il a fallu aller la chercher.

Une fois rentré à Paris, vous mettez le judo entre parenthèses ?

Exactement. Je vais couper un peu et profiter des miens. Je vais rester actif pour ne pas refaire comme après Londres où j'avais pris 20 kg... J'ai le temps avant de me projeter sur les JO Tokyo (en 2020, ndlr). Alors maintenant, je vais profiter. Déjà, je vais reprendre l'éducation de mon fils, car même si ma femme s'en occupe très bien, un papa c'est important. Et puis on va voyager, je ne sais pas où encore mais on va prendre de bonnes vacances.
Marie-Pierre Riner : Tu les mérites mon fils ! Il va se reposer maintenant.

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