Super Nanny : Sylvie Jenaly accu­sée de « violence éduca­tive », le CSA saisi

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Une péti­tion critiquant les méthodes de Super Nanny va être exami­née par le CSA. Sylvie Jenaly est accu­sée d’in­fli­ger des « séquelles psycho­lo­giques » aux enfants.


Super Nanny mettrait-elle les enfants en danger ? C’est en tout cas ce qu’af­firme Berna­dette Gauthier, théra­peute dans une asso­cia­tion d’aide à la paren­ta­lité. Inquiète pour les droits des enfants que l’émis­sion place­rait « dans des situa­tions dégra­dantes » comme elle l’a confié au Pari­sien, elle a lancé une péti­tion qu’elle a adres­sée au président de la Répu­blique ainsi qu’au Conseil supé­rieur de l’au­dio­vi­suel (CSA) pour exiger l’ar­rêt de l’émis­sion. Après la mort de Cathy Sarraï en 2010, le programme est revenu sur NT1 et TF1 avec Sylvie Jenaly dans le rôle de la gouver­nante.

Mais pour Berna­dette Gauthier, celle-ci utilise des méthodes qu’il faudrait bannir, comme « tirer les enfants par les bras, quitte parfois à risquer de déboî­ter une épaule, les isoler, même très jeunes, au risque de provoquer chez eux des séquelles psycho­lo­giques ». D’après l’au­teure de la péti­tion, que 2000 personnes ont signée en trois ans, Sylvie Jenaly « menace, humi­lie, fait plier » les enfants et fait preuve de « violence éduca­tive ». Berna­dette Gauthier reproche aussi à Super Nanny « d’im­po­ser des câlins » et de ne pas prendre en compte ce que vivent les enfants : « Dans un récent épisode, on voyait une mère bros­ser les dents de son garçon de 11 ans. Imagi­nez les réac­tions à l’école, le regard des autres, les moque­ries. »

C’est d’ailleurs là que se situe le cœur des critiques de Berna­dette Gauthier contre le programme : étant mineurs, les enfants sont expo­sés avec l’au­to­ri­sa­tion de leurs parents, mais ils n’ont pas pu donner eux-mêmes « un consen­te­ment éclairé » alors qu’on les filme dans leur inti­mité. La théra­peute assure qu’elle « ne juge pas ces parents en détresse » dont elle comprend « qu’ils aient peur des travailleurs sociaux et préfèrent appe­ler à l’aide une émis­sion de télé­vi­sion ». Mais d’après elle, « c’est le problème des adultes s’ils veulent se mettre en avant, pas celui des enfants ». Du côté de TF1, pas de réac­tion. La chaîne laisse les produc­teurs monter au créneau pour défendre l’émis­sion.

Et Shine France ne veut pas en démordre : « Sylvie [Jenaly] est une grande profes­sion­nelle qui, depuis près de 20 ans, défend le bien-être des enfants, insiste la produc­tion. Elle prône une éduca­tion basée sur l’écoute et l’échange au travers de règles et d’un cadre néces­saire aux enfants. » Pour Shine France, les résul­tats sont là puisque 55 familles ont été aidées et Super Nanny est « toujours en contact » avec celles-ci. Berna­dette Gauthier juge toute­fois que ces argu­ments sont biai­sés : « Évidem­ment qu’a­vec les parents, tout se passe bien, a lâché la théra­peute. Super Nanny prend fait et cause pour eux. »

La péti­tion sera exami­née la semaine prochaine par le CSA qui indique qu’il instruira le dossier « si des enfants sont mis en posi­tion d’être moqués ». Auquel cas, c’est Super Nanny elle-même qui risque de se faire tirer les oreilles.

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