Une Française partie rejoindre Daesh en Syrie a des regrets et veut rentrer en France

En "2013", Margaux Dubreuil quitte la région nantaise avec sa fille de 2 ans pour rejoindre l'État Islamique en Syrie.

Sur place, elle déménage plusieurs fois et donne naissance à deux autres enfants de pères djihadistes qui ont depuis été tués au combat.

Margaux Dubreuil a été arrêté en octobre à Raqqa lors de la libération de la ville par les forces kurdes.

Interrogée pour le magazine Envoyé Spécial sur France, elle exprime ses regrets: "Quand on s’est converti en France, on a tous rêvé d’un espace où on serait libre de pouvoir vivre notre religion à notre aise. C’est ça qu’on est venu rejoindre, pas des gens qui versent le sang des autres à tout va".

Elle ajoute qu'en tant que femme, elle était préservée de la barbarie et n'aurait pas commis d'actes de violence. Margaux Dubreuil a néanmoins été formée au maniement des armes.

"On vit comme dans une bulle, on ne voit pas les mauvaises choses qui se passent, on ne voit rien de spécial" explique-t-elle.

La jeune française a été mariée trois fois de suite à des djihadistes. "Etre une femme seule signifie rester enfermée" indique-t-elle.

Concernant les attentats de Paris, Margaux Dubreuil raconte que les combattants étaient fiers d'eux après les attaques.

"On a encore un peu de cœur et on sait que ça n’a rien à voir avec ce que demande l’Islam. Il y a une telle pression de groupe qu’on ne peut pas dire ce qu’on pense" déclare la jeune française.

Vis à vis des familles, Margaux Dubreuil ne peut dire que pardon.

Elle ne se sent pas comme une terroriste mais assume un peu sa part de responsabilité. "Qui ne dit mot consent. Mais, je le répète, de mes mains je n’ai rien perpétré. Je n’ai pas désiré, je n’ai pas approuvé les choses qui se sont passées. Ça fait longtemps que je cherche une solution pour faire machine arrière."

Emprisonnée en Syrie, elle risque la peine de mort. Elle sait que si elle rentre un jour en France, elle devra aller en prison.

"Je me suis préparée depuis longtemps à ça. Je pense presque que ça peut être un refuge. On est un peu des apatrides. J’ai l’impression que personne ne veut de nous." conclut-elle.

Voici l'entrevue complète:


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